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Aujourd'hui : Mardi 14 février 2012
Nice, la Rebelle, face aux Comtes de Provence
Nice et les Comtes de Provence

En 476, l'Empire Romain s'effondre laissant place à un nouvel ordre géopolitique autour de la Méditerranée. Ou plutôt doit-on parler d'un désordre, car la région mettra du temps pour se stabiliser. Les anciennes possessions Romaines sont disputées par les divers peuples " barbares ".

En Provence, ce sont les francs qui finissent par l'emporter, opprimant la population qui entre en rébellion. Ceux-ci font appel aux Musulmans de Narbonne pour rejeter leur oppresseur. Charles Martel écrase cette révolte livrant la Provence au pillage et au massacre. Les habitants se dispersent dans les campagnes.
Au milieu de ces évènements mouvementés, Nice située à l'extrémité de la Provence, loin de la capitale, organise tant bien que mal sa vie quotidienne. Au XIe Siècle, le pouvoir local est entre les mains d'une lignée de seigneurs. Ces derniers le remette peu à peu aux autorités religieuses qui, finalement, le transfère à la population.
En 1144, des consuls élus pour un an administrent la ville. Ils mènent une action parfaitement autonome par rapport aux Comtes de Provence. Ils vont même jusqu'à signer des traités d'alliance économique et militaire avec Gènes et Pise. Les populations de nos trois cités sont alors très liées.

De son côté, le souverain provençal n'entend pas abandonner son pouvoir sur cette partie du territoire. En 1166, une première campagne est lancée contre Nice. Raymond Béranger III succombera à la flèche d'un archer Niçois alors qu'il galvanisait ses troupes au pied des remparts. Il faut attendre 1176 pour que les Niçois soient contraints à signer un accord avec Alphonse 1er d'Aragon. Ce traité confirme les pouvoirs des consuls de Nice et définit ainsi les premiers privilèges de la ville. Cependant en 1215, les Comtes de Provence sont à nouveau rejetés. La rébellion fait rage quand, en 1229, les soldats provenceaux entrent dans Nice grâce à la complicité de la famille Guigonis qui ouvre les portes de la cité. Un gouverneur est alors nommé à Nice. Les Riquiers et les Badats font aussitôt appel à Gènes pour défendre la liberté de la ville. Il faut une seconde intervention de la Provence en 1230 et le bannissement des sympathisants du parti communal pour soumettre Nice jusqu'à la dédition de 1388.

De cette lutte Nice obtiendra toutefois une série de droits et de privilèges définis dans le traité de 1176. Ses habitants n'hésiteront pas à se soulever aussitôt qu'un événement les remettra en cause, obtenant à chaque fois sa confirmation. Cet esprit frondeur perdurera sous la protection de la Savoie et causera bien des soucis lors des invasions et occupations qui se succéderont par la suite.

 
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