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Le
comté de Nice est marqué par un relief particulièrement
accidenté. C'est sur ce territoire que les Alpes viennent
plonger dans la Méditerrannée. Le littoral situé
entre le Var et la Roya offre une série de falaises impressionnantes
qui trouvent parfois leur emprise directement au fond de la mer.
Il fut difficile de circuler le long des côtes sans pénétrer
dans les terres pour enjamber quelques crêtes faute de passage
en bord de mer. Il faudra attendre la perçée de
la basse corniche pour aller de Nice à Monaco sans passer
par la Turbie ou Eze village perchés sur les hauteurs.
Ce relief est le fruit d'un mouvement de tectonique des plaques.
En effet, la plaque africaine, dont le "bord" se situe
au nord des côtes du Magreb, pousse la plaque italienne.
Cette dernière s'enfonce dans le continent européen
formant ainsi l'arc Alpin. Ce phénomène fait de
notre pays une zone de sismicité relativement active.
Les historiens notent un certain nombre de tremblements de terre
dont quelques uns d'une intensité telle que des blocs de
rochers se seraient décrochés des montagnes et falaises.
Ainsi en 625, la région de Roquebrune aurait été
fortement ébranlée. Certains gros rochers, situés
de nos jours sur la plage, auraient atteri à cet endroit
lors de ce séïsme.
La vallée de la Vésubie a connu aussi quelques tremblements
de terre éprouvants. On relève au cours du dernier
millénaire une série de séïsmes notables.
Le 20 juillet 1564, de nombreuses maisons mais aussi des églises
furent détruites à Roquebilière, la Bollène,
Belvédère, Lantosque, Saorge ou encore la Brigue,
provoquant la mort de quelques 700 personnes. On note aussi quelques
mouvements de terrain sur la Vésubie et le Paillon ainsi
qu'un raz de maré entre Monaco et Antibes.
En juin 1618, de fortes secousses ébranlent le mont Férion.
On relève de nombreux dégats sur le secteur de la
Vésubie. On notera aussi que Rocasparvièra voit
le niveau de sa source s'abaisser. L'absence d'eau courante dans
le village entrainera l'exode de ses habitants vers les villages
voisins.
Le 15 février 1644, un important séisme secoue ce
même secteur. Il sera ressentie de Marseille à Gènes.
Enfin le 29 décembre 1854, l'ensemble du Comté est
secoué par un seïsme particulièrement perçu
à Lantosque et Roquebilière. Des batiments se fissurent.
L'absence de réparations de certaines constructions sera
parfois lourde de consèquence une trentaine d'années
plus tard.
Le 23 février 1887, un important seïsme dont l'épicentre
se situe entre San Remo et Savone secoue toute la région.
A Nice, on achêve les fêtes du carnaval. La ville
en liesse ne s'attend pas à la catastrophe. Au petit matin,
alors que la population est encore endormie, une forte secousse
ébranle la ville. Les cloches se mettent à tinter,
les horloges publiques s'arrêtent, les portes claquent,
les maisons se fissurent, certaines s'effondrent. Paradoxalement,
le vieux Nice tient bon alors que les quartiers "neufs"
subissent d'importants dégats.
Partout, c'est la panique : on craint des répliques. A
la gare, les trains sont pris d'assaut mais la circulation ferroviaire
est suspendue.
Dans les villages de l'arrière pays, le sénario
est similaire : ce sont les constructions récentes qui
sont le plus endommagées, voire détruites. Du côté
du Baous Roux, des rochers se détachent. De même
à Menton, la chute de gros blocs de pierres détruit
des plantations d'arbres fruitiers et de nombreux murs en pierres
sèches.
A Villefranche, une crevasse se forme sur le tunnel de chemin
de fer Malrive.
De Antibes à Menton, un mini raz de maré d'un mètre
environ viens agiter le littoral.
Au XXe siècle, de trés nombreux séïsmes
furent enregistrés. Pour la plupart imperceptibles, certains
d'entre aux ont tout de même lézardés certaines
façades.
Depuis plusieurs années, les constructions sont soumises
à certaines normes parasismiques. Si les scientifiques
ne semblent pas craindre de grave dégats dans la région,
les autorités ont tout de même pris la précautioon
d'instituer en 1994 un "plan d'urgence départemental
séïsme".
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