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L’indice ATMO de la ville de Nice est pourtant rassurant
: l’air est globalement bon, parfois moyen. Cet indice
ATMO caractérise la qualité de l’air d’une
journée. C’est lui qui est présenté
au grand public et rapporté par les médias. Cependant,
ainsi que l’indique Qualit’air, l’organisme
chargé de mesurer la qualité de l’air dans
le département, « cet indice présente des
limites ». la première tient justement à
la notion de moyenne. A Nice, la pollution est essentiellement
d’origine automobile. Elle se fait donc principalement
sentir en journée, lors du transport pendulaire (heures
de bureau). En effectuant une moyenne entre les valeurs relevées
le jour et celles effectuées la nuit, le niveau de la
pollution se trouve mathématiquement amoindrie...
La deuxième limite tient à l’implantation
des stations permanentes. Il y en a six à Nice. Ce qui,
pour une métropole de 350 000 habitants est bien peu.
Etrangement, il n’y en a qu’une, située à
Nice Pellos, qui permette, selon les termes de Qualit’air,
de « mesurer la qualité de l’air sur un site
du centre de la ville de Nice avec influence du trafic routier
». Les cinq autres implantations sont des stations de
« fonds de site ». Mais l’indice ATMO constitue
bien la moyenne de ces six stations… Une façon
comme une autre « d’aérer » les mesures
de Nice Pellos !
Pollution dissimulée
Heureusement, il reste la procédure réglementaire
d’information de la population en cas de dépassement
des normes autorisées. Pour ce faire, il faut qu’un
dépassement de seuil soit enregistré par deux
stations d’une même zone. Malheureusement, seule
Nice Pellos enregistre des dépassements importants, et
les autorités n’ont pas jugé utile qu’une
autre station mesure l’incidence du trafic routier sur
la qualité de l’air. Conclusion logique : la population
ne sera jamais alertée… Il y a pourtant bien des
citadins qui vivent au contact de la circulation automobile,
mais qui s’intéresse à leur santé
?
Plusieurs études épidémiologiques ont pourtant
déjà mis en évidence une relation directe
entre pics de pollution et augmentation de la mortalité
par affections respiratoires aiguës. Déjà,
en 1973, Paul Chovin, directeur du laboratoire central de la
Préfecture de Paris, affirmait que le monoxyde de carbone
était à l’origine de plus d’accidents
de la route que l’alcool. Il avait en effet constaté
que sur 1672 conducteurs accidentés, seuls 15% présentaient
un taux de CO normal. Une étude qui venait confirmer
celle effectuée en 1963 sur les gardiens de la Paix qui
avait établi une relation directe entre pollution automobile
et les cas de dépression et de suicide des policiers.
Malheureusement ces recherches prometteuses n’ont pas
été poursuivies. On se demande bien pourquoi…
Le citadin, une espèce en voie de disparition ?
Chaque jour, l’homme respire entre 12 et 18 m3 d’air.
Les effets de la pollution doivent tenir compte, non seulement
du taux de pollution instantané, mais aussi et surtout
de la dose qui va être absorbée par votre corps.
La dose est fonction du temps d’exposition à cette
pollution.
Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.),
il ne faut pas, par exemple, être exposé à
une pollution de 60 mg/m3 pendant plus de 1/2 heure. Une exposition
qui ne devra absolument pas être renouvelée dans
les huit heures suivantes. Que penser des riverains de la voie
rapide, de la promenade des Anglais ?
Erwan LE COURTOIS
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