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Aujourd'hui : Dimanche 1 août 2010
Un air coupable
Un air coupable
C’est étonnant le nombre de personnes à Nice qui ont souvent mal à la gorge, qui traînent une petite bronchite, ou qui sont en permanence fatigués. Et tous ces bambins qui font des réactions asthmatiformes…


L’indice ATMO de la ville de Nice est pourtant rassurant : l’air est globalement bon, parfois moyen. Cet indice ATMO caractérise la qualité de l’air d’une journée. C’est lui qui est présenté au grand public et rapporté par les médias. Cependant, ainsi que l’indique Qualit’air, l’organisme chargé de mesurer la qualité de l’air dans le département, « cet indice présente des limites ». la première tient justement à la notion de moyenne. A Nice, la pollution est essentiellement d’origine automobile. Elle se fait donc principalement sentir en journée, lors du transport pendulaire (heures de bureau). En effectuant une moyenne entre les valeurs relevées le jour et celles effectuées la nuit, le niveau de la pollution se trouve mathématiquement amoindrie...
La deuxième limite tient à l’implantation des stations permanentes. Il y en a six à Nice. Ce qui, pour une métropole de 350 000 habitants est bien peu. Etrangement, il n’y en a qu’une, située à Nice Pellos, qui permette, selon les termes de Qualit’air, de « mesurer la qualité de l’air sur un site du centre de la ville de Nice avec influence du trafic routier ». Les cinq autres implantations sont des stations de « fonds de site ». Mais l’indice ATMO constitue bien la moyenne de ces six stations… Une façon comme une autre « d’aérer » les mesures de Nice Pellos !


Pollution dissimulée

Heureusement, il reste la procédure réglementaire d’information de la population en cas de dépassement des normes autorisées. Pour ce faire, il faut qu’un dépassement de seuil soit enregistré par deux stations d’une même zone. Malheureusement, seule Nice Pellos enregistre des dépassements importants, et les autorités n’ont pas jugé utile qu’une autre station mesure l’incidence du trafic routier sur la qualité de l’air. Conclusion logique : la population ne sera jamais alertée… Il y a pourtant bien des citadins qui vivent au contact de la circulation automobile, mais qui s’intéresse à leur santé ?
Plusieurs études épidémiologiques ont pourtant déjà mis en évidence une relation directe entre pics de pollution et augmentation de la mortalité par affections respiratoires aiguës. Déjà, en 1973, Paul Chovin, directeur du laboratoire central de la Préfecture de Paris, affirmait que le monoxyde de carbone était à l’origine de plus d’accidents de la route que l’alcool. Il avait en effet constaté que sur 1672 conducteurs accidentés, seuls 15% présentaient un taux de CO normal. Une étude qui venait confirmer celle effectuée en 1963 sur les gardiens de la Paix qui avait établi une relation directe entre pollution automobile et les cas de dépression et de suicide des policiers. Malheureusement ces recherches prometteuses n’ont pas été poursuivies. On se demande bien pourquoi…


Le citadin, une espèce en voie de disparition ?


Chaque jour, l’homme respire entre 12 et 18 m3 d’air. Les effets de la pollution doivent tenir compte, non seulement du taux de pollution instantané, mais aussi et surtout de la dose qui va être absorbée par votre corps. La dose est fonction du temps d’exposition à cette pollution.
Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.), il ne faut pas, par exemple, être exposé à une pollution de 60 mg/m3 pendant plus de 1/2 heure. Une exposition qui ne devra absolument pas être renouvelée dans les huit heures suivantes. Que penser des riverains de la voie rapide, de la promenade des Anglais ?


Erwan LE COURTOIS



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Effets des polluants

SO2 dioxyde de souffre :
troubles respiratoires, pluies acides

NOX oxyde d’azote :
roubles respiratoires, pluies acides

COV composé organique volatils :
potentiellement cancérigène

O3 ozone :
troubles respiratoires et oculaires (accentués par l’exercice physique)

CO monoxyde de carbone :
maux de tête, manque d’oxygénation du système nerveux, du cœur… Composant majeur de la pollution automobile, le CO pénètre dans le corps 200 fois plus facilement que l’oxygène et peut causer des dommages permanents au cœur et au cerveau.

PS poussières en suspension :
potentiellement cancérigène.

Pb plomb :
toxique neurobiologique, troubles du développement cérébral.

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