A cette époque, le partage des espaces territoriaux est cahotique. Finalement Nice incorporée dans la Provence passe sous le contrôle des Francs. Leur présence oppressante entraîne le soulèvement des populations. Malgré l'aide des musulmans de Narbonne, Charles Martel réprime cruellement la révolte et ravage villes et villages provoquant la fuite des habitants vers les campagnes.
Lors du partage de Verdun en 843, la Provence passe de main en main pour être finalement unie à la Bourgogne en 946. Boson, premier Comte de Provence, représentant l'autorité royale, usurpe le pouvoir.
A cette époque, les sarazins font planer la terreur sur la région. En 972, Guillaume "le libérateur" les repousse définitivement. Le pouvoir des Comtes peut alors commencé à s'affirmer sur toute la Provence.
Dans ce contexte, Nice, isolée à l'extrémité de la Provence, organise sa vie politique. En 1144, des consuls sont élus et assument le fonctionnement des institutions locales. Nice bénéficie d'excellents contacts avec Gênes et Pise : des traités commerciaux et militaires sont établis avec ces deux villes. Cette autonomie n'est pas compatible avec les concepts centralisateurs des Comtes de Provence. Dés 1166, ils affirment leur autorité et organisent des camapgnes pour soumettre Nice : ce n'est qu'en 1230 que la ville est réduite par la force aprés de multiples rebondissements.
La Provence est ensuite découpée administrativement en vigueries : on voit alors apparaître quatre zones constituant le futur Comté de Nice avec Barcelonette, Val Lantosque (Vésubie-Roya), Puget Théniers (Estéron-Tinée) et Nice (Litoral et vallées du Paillon).
L'histoire va basculer avec l'arrivée de Jeanne 1ére, Reine de Naple et Comtesse de Provence. les maladresses de celle-ci vont plonger la Provence dans une guerre civile qui opposera ses deux héritiers. Charles de Duras et Louis D'anjou (frère du Roi de France) s'affrontent. Les partisans de Louis emportent la victoire par leur supériorité militaire. Lorsqu'ils arrivent sur les rives du Var, le Comte de Beuil fait appel à la protection de la maison de Savoie : le 28 septembre 1388, les consuls de la ville signent l'acte de dédition de Nice à la Savoie.
Au XVe siècle, Nice, unique point d'accés à la mer de la Savoie (via le Piémont) bénéficie du port franc et d'un chemin muletier jusqu'à Turin. Le commerce se développe fragilement.
Au XVIe siècle, les français ayant pris possession de la Provence revendiquent Nice. En 1543, a lieu le siège de Nice au cours duquel s'illustre Catherien Ségurane. Les français alliés aux Turcs prennent la ville basse aprés de longs combats avant de fuir face aux renforts savoyards laissant derrière eux une ville pillée et dévastée.
En 1544, ,les français occupent la Savoie et le Piemont. Il faudra attendre la bataille de Saint-Quentin pour que le Duc Emmanuel-Philibert de Savoie récupère ses Etats.
Il réorganise le système politique, renforce la citadelle de Nice et construit la citadelle de Villefranche et le fort du Mont Alban.
Au XVIIe siècle, l'économie se renforce autour du port franc de Nice et de Villefranche. Les grandes familles féodales disparaissent au profit des Ducs de Savoie, permettant ainsi l'assouplissement de la structure sociale. L'activité intellectuelle s'intensifie avec l'ouverture d'une université et la naissance de célèbrités niçoises.
Le règne de Victor Amédée II marque un tournant dans l'histoire. Les français qui avaient à nouveau imposé un protectorat sur la Savoie et le Piémont sont rejetés. Louis XIV organise alors une campagne contre les Etats de Savoie. Vingt mille français sont nécessaires pour prendre le Chateau de Nice.
La France menacée de toute part conclut une paix passagère avant de revenir à l'assaut des Etats de Savoie et de Nice. Cette fois Louis XIV ordonne la destruction des fortifications. Le traité de Paix d'Utrecht donne à la Savoie de nombreux territoires stratégiques ainsi que le Royaume de Sardaigne.
Au XVIIIe siècle, de nouveaux conflits avec la France secouent Nice qui privée de sa forteresse passe de main en main. L'absence de remparts permet un nouveau développement urbain. La maison de Savoie modifie les statuts communaux et renforce son pouvoir dans l'indifférence générale.
Des officiers de la flotte anglaise, le suisse Sulzer et l'écossais Smollett répandent en Europe la réputation du paysage Niçois. Les prémices du tourisme se font sentir.
Mais en France, la révolution gronde. Profitant de prétextes opportuns, la France déclare la guerre au Royaume de Piémont-Sardaigne et franchit le Var le 28 septembre 1792 tandis que la Savoie est envahie.
L'occupation française sera un épisode difficile pour la population humiliée par des méthodes d'intégration autoritaires. Devant ces agressions, un mouvement de résistance émerge avec les actions menées par les Barbets.
En 1803, le préfet Du Bouchage fait ajouter l'arrondissement de San Remo au département des Alpes Maritimes pour assurer un meilleur équilibre économique. Il lance la construction de la grande corniche, fonde le lycée impérial et se fait accepter des niçois. Mais l'hostilité à la France demeure. Les niçois refusent de servir dans l'armée française, la réticence fiscale ne faiblit pas et la francisation est un échec. Les Barbets persistent dans leurs actions de harcèlement.
En 1814, la maison de Savoie récupère ses Etats avec en plus l'ancienne République de Gênes : le port de Nice passe au second plan.
Les institutions d'avant 1792 sont rétablies, la vie reprend son cours habituel : le quotidien de la population est toujours aussi modeste et l'économie toujours aussi faible. Nice reste en marge du développement économique du Royaume de Piemont Sardaigne. Seul le tourisme continue son lent développement.
Un mouvement intellectuel fait surface à Nice mettant en valeur l'identité niçoise. Rancher et d'autres niçois rédigent de nombreux textes en langue niçoise.
La maison de Savoie et Napolèon III passe un accord selon lequel la France aiderait à l'unité Italienne autour du trône du Piemont-Sardaigne en échange du Comté de Nice et de la Savoie. La transaction est" légitimée" par un plébiscite duquel la plupart des niçois sont exclus. Le Comté de Nice, amputé de Tende, la Brigue et d'une grande partie des communes d'Isola, Saorge et Breil sur Roya, est rattaché à l'arrondissement de Grasse pour former le département des Alpes Maritimes. L'empire met en place de nombreuses infrastructures (voies ferrées, aménagement du Var,...). Mais de nombreuses institution comme le Sénat disparaissent et la quatrième ville du Royaume de Piemont-Sardaigne devient la quarante-cinquième ville française.
A l'aube de la guerre contre la Prusse, les niçois déchantent. Dés la chute de l'empire, la population se soulève : l'administration décrète l'état de siège. Alors que la guerre fait rage, de nombreux détachements militaires sont envoyés dans les Alpes Maritimes.
En 1871, les indépendantistes remportent avec une large majorité les élections. L'administration met alors en oeuvre d'habiles manoeuvres pour écarter toute remise en cause de sa possession niçoise. Des lois anti-séparatistes sont votées.
Borriglione met alors en place une stratégie qui consiste à se porter garant de la fidélité de Nice à la France auprés de Paris et à se poser en défenseur de l'identité et des intérêts de la ville auprés des niçois. Il parvient ainsi à stabiliser Nice dans la France.
À l'aube de la guerre 14-18, la population est décuplée : de nombreux français sont venus s'installer, noyant les niçois dans un ensemble indistinct. Heureusement les immigrants italiens installés à Nice s'intègrent par le niçois participant à la sauvegarde de la culture. La Grande Guerre emporte un grand nombre de Niçois. Les difficultés économiques réapparaissent, les campagnes se vident. L'entre deux guerres voient l'apparition de nombreuses associations et mouvements artistiques : Francis Gag fonde le théâtre niçois, Jouan Nicola crée la Ciamada Nissarda et face aux tendances provençalistes de l'acadèmia Nissarda née la fondation de Lu amic de Rancher. La Seconde guerre éclate. Nice subit l'occupation de l'Italie qui revendique ce territoire, puis de l'Allemagne. Le 28 Août 1944, Nice est libérée de l'occupation allemande : les combats dans le comté ne cesseront qu'au printemps 1945. En 1947, La France récupère les territoires que l'Italie avait conservée en 1860. Le Pays Niçois, géographiquement reconstitué, demeure fondu dans le territoire administratif français. |
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